Puisque les pessimistes et les imprévoyants, les sentimentaux et les rêveurs demandent à grands cris que le pays, se dépouillant des plus sages garanties qui assurent son indépendance, ouvre toutes larges ses portes à l’étranger ; puisque des financiers sans mandat s'en vont par le monde mendier pour Haïti un protectorat ou de l'or, il est urgent d’attirer l’attention des patriotes altruistes, des citoyens instruits et soucieux de la dignité nationale, des esprits pondérés et sagaces entièrement épris de l’honneur collectif, sur ce qui se passe actuellement aux États-Unis.
Celui en qui se résume et s'incarne la politique de Monroë, d’Adams et de Grant, M. Blaine vient d’être choisi comme candidat républicain par la Convention de Chicago, pour remplacer M. Arthur à la présidence de la Confédération Étoilée. Nul doute que le vote de Chicago ne soit ratifié, que l’élection ne devienne définitive à Washington.
M. Blaine, ancien secrétaire des Affaires Étrangères, s’est toujours montré grand prôneur de l’hégémonie des États-Unis sur toute l’Amérique. Son ardent désir d’intervenir dans les affaires du Pérou et du Chili força le président Arthur à se séparer de lui et à appeler à sa place M. Frelinghausen, pour diriger le département des Relations Extérieures.
Retiré du pouvoir, M. Blaine n’a jamais renié sa politique. Il l’a accentuée, l’a élargie, au contraire.
Il est l’auteur de l’article du programme républicain accepté à Chicago et qui traduit le mot de Monroë et d’Adams : L’Amérique aux Américains. Cet article repousse de la façon la plus formelle, la plus énergique, toute immixtion des nations européennes dans les affaires du continent américain et de ses dépendances.
En ce qui concerne Haïti, il est à craindre que le futur président américain, qui a toujours réclamé et qui réclamera le vote de forts crédits pour la marine fédérale, ne veuille reprendre immédiatement contre l’Antille indépendante la politique d’annexion du président Grant et de Frédéric Douglass.
Il est excellent de faire observer aux quelques candides qui, chaque jour, s’usent la dent contre l’article 6 de la Constitution haïtienne, il est bon qu’on fasse observer à ces imprudents qui voudraient nous faire renier, sans raison et sans précaution, l’admirable politique de notre Libérateur, que M. Blaine est très populaire parmi ses compatriotes, parce que, encore que son pays n’ait rien à redouter de l’Europe, ce politicien a fait insérer dans le programme politique de la Convention de Chicago une clause en vertu de laquelle il sera interdit aux étrangers d'acquérir des propriétés foncières dans les États de l’Union.
Selon le dire de ses électeurs, sa doctrine et la leur est la seule conforme à la doctrine que professaient les pères de l’indépendance des États-Unis.
On a répété cent fois, partout, sur tous les tons, que l’autonomie des républiques africano-latines d’Haïti était perpétuellement menacée par leur puissante voisine anglo-saxonne.
Nous autres, Haïtiens occidentaux, nous avons pour la république fédérale toute sympathie et toute admiration, mais nous ne voulons pour rien au monde que l’ile d’Haïti devienne une colonie ou même un État de la Confédération du Nord. Depuis quatre-vingts ans seulement, nous sommes les maîtres chez nous. Nous ne voulons point déroger, descendre, être ni valets, ni vassaux.
Qu’avons-nous à faire en la grave conjecture qui s’annonce ?
Nous repoussons nettement toute idée de protectorat politique d’où qu’il puisse venir.
Si nous offrons des avantages politiques très considérables, des faveurs trop marquées à telle ou telle puissance, les autres se croiront haïes, lésées et nous seront hostiles. C’est par ainsi qu’il faut s’expliquer l’attitude actuelle de l’Angleterre à notre égard. Ne poussons pas plus avant les choses.
D’un autre côté, si, pour une raison ou pour une autre, les puissances autorisées laissaient rompre l’équilibre antiléen au profit des États-Unis, elles auraient implicitement renoncé aux Indes occidentales, commis une faute irréparable. Elles en seraient punies, avant cinquante ans, par la perte de leurs colonies de la mer des Caraïbes.
Un protectorat économique, si léger qu’on le puisse désirer, et d’où qu’il soit offert, serait non seulement humiliant, mais encore inefficace, dangereux et peut-être ruineux. Il ne nous tente nullement.
Ce qu’il faut faire, disons-le sans ambages. Nous devons nous replier sur nous-mêmes, nous recueillir.
Il nous faut ne conclure de traité de commerce avec personne, parce que, même s’ils stipulent en notre faveur le traitement de la nation la plus favorisée, au fond, ces traités de commerce seront onéreux pour nous et profitables aux autres.
Souvent, d’ailleurs, on s'est servi de ces traités pour tuer l’indépendance de tel petit pays, le Cambodge, par exemple.
Ce n’est pas pour faire plaisir à notre nation que telle grande puissance commerciale, la France, par exemple, qui comprend si bien l’intérêt du plus grand nombre, qu’elle refuse de protéger ses sucres coloniaux et métropolitains aux dépens du consommateur français, irait remanier, bouleverser ses tarifs douaniers, afin de diminuer les droits à l’importation sur le café d’Haïti, étant donné surtout la quantité relativement minime de ce café qui trouve acquéreurs sur les places françaises.
On doit bien avoir présent à l’esprit que le marché français est actuellement ouvert à tous les pays de l’Univers qui produisent du café, ce qui n’était pas au XVIIIe siècle, puisqu’à cette époque existait le Pacte colonial, que les produits de la colonie étaient vendus tous sur les marchés de la métropole ; que ces produits suffisaient alors à la consommation, laquelle était restreinte, si on la veut comparer à celle de nos jours.
Et si même Haïti obtenait pour ses cafés une réduction du tarif français, favorable en un sens, elle leur serait défavorable en un autre. Trouvant un débouché à lui ouvert dans de telles conditions, le café d’Haïti aurait moins à bénéficier de l’excitant de la concurrence.
Au lieu de s’améliorer pour redevenir le café corsé d’autrefois, le café-roi du XVIIIe siècle, le café nourrissant et fort qui a chauffé la moelle des philosophes de l’Encyclopédie, le cerveau des pères de la Révolution française, il serait de moins en moins soigné par son producteur, de plus en plus décrié, méprisé par son consommateur. Il serait perdu de réputation. Or, depuis l'Exposition universelle de 1878 et depuis celle qui vient de se clore à Amsterdam, le café d’Haïti commence à se refaire une renommée.
C’est la lutte qui fait le combattant. Pour que le paysan haïtien soit vite un homme complet, il faut que nous le dressions vaillant et le mettions en mesure de regarder en face tous les paysans du globe. Voilà pourquoi il faut lui apprendre à connaître ses droits et ses devoirs. C’est la bataille économique qui forcera le paysan haïtien à travailler le sol, afin que notre pays puisse mieux faire concurrence, sur ce point, au Brésil, au Venezuela, à la Martinique, à Ceylan et à San-Salvador.
Ici le libre-échange fera la richesse. Le monopole tuerait.
Nous ne pouvons introduire le monopole chez nous en faveur d’aucune puissance étrangère, parce que le monopole, aboli même par les métropoles les plus arriérées, serait une mesure odieuse autant que puérile, vexatoire autant que niaise ; parce qu’aujourd’hui chacun sait qu'il faut renoncer à l'absolu, surtout en économie politique ; qu’il faut faire du libre-échange ou de la protection, ou des deux à la fois, selon que les intérêts du pays l’exigent ; parce que, maintenant plus que jamais, le monopole est contraire à toutes les saines idées de politique démocratique et de dignité nationale ; parce que, en ce qui nous concerne directement, il tuerait notre commerce, notre agriculture, en tuant notre force d’initiative, notre expansion juvénile.
Autrefois, au XVIIIe siècle, la France nourrissait Haïti de son blé. Aujourd’hui, la France achète une grande partie de son blé aux États-Unis, parce que l’hectolitre de blé produit en France par le paysan français coûte 23 fr. 50, tandis que l’hectolitre de blé produit aux États-Unis par les paysans américains ne vaut que 17 francs. La marine marchande de la République fédérale transporte ce blé à bon marché : aussi le blé américain inonde les marchés d'Europe. Si Haïti devait s’approvisionner de blé français, c’est le consommateur haïtien qui aurait à souffrir de l’ineptie des législateurs qui lui auraient imposé un monopole, lequel, ici, serait véritablement insensé, monstrueux.
Il importe aussi de tenir compte de ce fait : Nous n’importons de France presque aucune denrée de première nécessité. Je mets à part les livres : denrée supérieure, plus qu’humaine. Nous en importons surtout des marchandises de luxe : toiles fines, articles de Paris, articles de toilette.
Les comestibles, salaisons, farines, qu’on consomme chez nous, nous sont fournies en très grande partie par les États-Unis ; les grosses toiles, les tissus de coton que portent nos paysans, nos artisans, nous les achetons surtout aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne, ainsi que nos instruments aratoires.
Avec les seuls États-Unis, nous faisons déjà plus de la moitié de notre trafic d’importation.
Ces faits résultent de lois qui ne sont point artificielles et contre lesquelles les petites lois votées en Parlement et à l’aveuglette ne sauraient prévaloir.
Ici encore le monopole accordé à une puissance qui produirait dans de moins bonnes conditions ces choses primordiales, ces articles indispensables à l’existence du régnicole haïtien, le monopole serait fatal, désastreux pour Haïti.
Ce serait de la suprême déraison que de se défaire d’un vasselage économique pour retomber sous un autre plus onéreux, plus lourd, plus étroit.
Un pays qui se respecte ne peut sortir d’un servage économique qu’en créant chez lui des industries nationales en se fournissant lui-même de ce qu'il achetait au dehors.
C’est vers ce but qu’il faut concentrer tous nos efforts. Or, on ne passe d’une phase agricole à une phase industrielle qu’en perfectionnant son agriculture, pour s’enrichir d’abord dans une certaine mesure, puis, pour acclimater chez soi après les avoir introduites les industries étrangères.
Nul pays n’a échappé à cette évolution parce qu’elle est naturelle, nécessaire. C’est la seule qui soit raisonnable et sérieuse.
Au reste, la politique des États-Unis nous est bienveillante. Nous l’avons vu surtout durant tout le cours de l’année dernière, surtout le 23 septembre. Mais ce n’est pas une raison pour nous de nous montrer sentimentaux, de nous reprendre à l’un pour nous donner à l’autre. Faisons de la politique scientifique, de la politique des intérêts. Restons nous, d’abord.
À qui le peuple haïtien a-t-il dit qu’il abdiquait ? À qui a-t-il confié qu’il ne pourrait rien faire par lui-même ? Nos pères, il me semble, ont créé tout seuls la nation haïtienne ; tout seuls, sans emprunts, ils ont payé de l'or qu’avait produit leurs sueurs le droit de vivre indépendants ; ils nous ont laissé ce coin de terre afin qu’il y eût un endroit dans le globe où l’on ne peut cracher impunément à la face de la race noire. Maintenons les traditions. Puisque nous avons su naître et croître tout seuls, matériellement et intellectuellement, nous pouvons vivre et croître tout seuls, matériellement.
C’est par le cerveau que l’homme se conquiert. Nous donnons à la France le cerveau de nos enfants. Elle l’ensemence de ses idées. Il suffit. C’est à nous de faire le reste.
Il faut distinguer d’ailleurs. Il y a une grande Europe : celle qui continue Diderot, Condorcet, Grégoire, la grande Constituante et la Convention ; c’est celle des philosophes, des penseurs, des émancipateurs, des aimeurs ; celle de Michelet, de Schœlcher, de Pierre Lafitte ; celle-là nous dit : Nous vous émancipons le cerveau pour que vous vous mettiez un jour à la tête de la race noire. Il y en a une autre : celle des quelques petits trafiquants qui nous ont insultés ces mois derniers. Ils ont dans leurs veines tout autre sang que celui des Celtes, des Tectosages et des Burgondes ; nés à côté de nous, ou chez nous, ou loin de nous, ces chasseurs du million vendraient l’univers pour se payer des filles. À la première nous donnons tout, en commençant par lui donner nos écoles ; contre la seconde, si latine soit-elle, il est permis de se précautionner autant que nous nous précautionnons contre les Anglo-Saxons.
Au lieu de pleurnicher et de mendier, soyons sages, pacifiques et produisons.
Nous devons nous garder d’affermer la Gonâve et la Tortue à des étrangers dont on n’est pas même sûr du lieu du domicile réel. Quelle que soit la nationalité à laquelle ils se disent appartenir, on ne doit pas les mettre dans ces avant-postes de notre patrie. Tel nourrit l’espérance de nous voler la Gonâve comme on nous a pris la Navase.
Nous avons pour devoir strict de nous arrêter sur la pente fatale des concessions d’entreprises financières ou industrielles à des individus qui ne sont pas ou ne sont plus Haïtiens, qui semblent même n’avoir une nationalité bien définie qu’au moment des plus iniques et des plus cyniques revendications.
Nous devons redoubler de surveillance autour du Môle Saint-Nicolas. Tout au plus, nous pouvons créer un port franc à l’extrémité de la presqu’île du nord-ouest ; mais ce serait la plus grande des fautes politiques que d’ériger le Môle Saint-Nicolas en ville libre. Une ville libre est un État indépendant. On est prié de le savoir. Quelle nécessité y a-t-il de créer un État dans l’État ? Quelle raison avons-nous d’émietter notre patrimoine national ? Et surtout de nous défaire des meilleurs morceaux ?...
N’empruntons ni un sou ni un doublon, ni aux États-Unis, ni à aucune puissance transatlantique.
Inaugurons une politique financière purement nationale. Nous le pouvons, nous le devons. N’unifions pas nos dettes. C’est excessivement important. À côté des contributions indirectes, établissons des impôts directs. Demandons les capitaux dont nous avons besoin à l’épargne haïtienne en créant des caisses d’épargne, et, par elles, des banques populaires pour les paysans et les artisans.
Montrons que nous avons foi en nous-mêmes en nous concentrant en nous. Ceux qui n’ont pas confiance n’en sauraient inspirer. Laissons dire les sceptiques et les trembleurs, mais agissons par l'élément haïtien.
Au lieu de la laisser s’énerver par le poison des lâches conseils, s’amollir dans les renoncements que préconisent les esprits veules, bandons notre fibre nationale. Ayons au cœur le vif et clair amour des intérêts de la patrie. Conseillons-nous les uns aux autres la sagesse, la patience, l’abstention des oppositions mesquines et hargneuses. Dans le cours des débats des affaires publiques, mettons de côté toute amitié personnelle, toute influence de famille, tout amour-propre individuel. Voyons moins le particulier, la famille ; ne voyons que l’État, la nation. Étouffons toute pensée en effaçant toute trace de guerre civile, mais préparons-nous à réprimer virilement, impitoyablement, par les moyens scientifiques, toute tentative insurrectionnelle qui pourrait se produire.
La richesse est fille du crédit ; le crédit ne peut naître qu’à l’ombre de la paix, de la sécurité, de la stabilité. Ce qui fit autrefois la prospérité de Saint-Domingue, ce ne sont ni les emprunts, ni les villes libres, ni même les ports francs, ni le monopole ; le monopole, au contraire, empêcha cette colonie de prendre toute son extension, tout son essor ; ce qui fit cette prospérité, ce fut d’abord ceci : la paix et la petite propriété, c’est-à-dire l’initiative privée, le faire-valoir direct par l’individu maître du sol, le capital personnel ; puis, plus tard, à une époque plus rapprochée de nous, la paix encore, la grande propriété et l’esclavage.
Alors que le régime des grandes plantations était de règle, vingt-cinq mille esclaves mouraient tous les ans, tués par le bâton ou dans les tortures. Sans quoi, à cette époque, on n’eût rien produit, personne n’eût travaillé. Il faut revenir au système de la petite propriété aussi bien dans les montagnes que dans les plaines. Dans un pays comme le nôtre, aux points de vue du climat et du système politique, c’est le plus rationnel. Il faut morceler les grandes habitations qui appartiennent à l’État. Avant toute chose, remettons la terre dans la main du paysan. Sur ce point, n’écoutons point le dire des rétrogrades : ici, chaque minute de retard est une faute économique et une faute politique.
Tâchons aussi de protestantiser le pays, lui faisant ainsi subir une rapide évolution du fétichisme vers le catholicisme, du catholicisme vers le protestantisme, aussi rapide, aussi transformatrice, aussi bienfaisante que celle qu’on vit en Suède de Gustave Wasa à Gustave-Adolphe. Le protestant est économe, respectueux de la loi, amoureux du livre, ami de la paix, riche de vaillant espoir, de persévérance. Il compte sur soi, sait capitaliser le matériel et l’immatériel. Il supprime le carnaval, les fêtes aussi nombreuses que coûteuses et qui, fatigantes, diminuent sa force de productivité comme ouvrier ou comme père. L’argent catholique est un mythe. Les nations rêveuses, dormeuses, imaginatives, vite découragées, dépensières, sont catholiques. Elles restent pauvres ou se ruinent en peu de temps, sont tôt décadentes.
Tout ce qui négocie, cultive, fabrique, gagne, s’enrichit, prospère, est protestant.
Tous les grands philosophes le disent et l’Histoire le prouve, l’Aide-toi et le Ciel t'aidera, voilà la grande épée.
Par le protestantisme chacun apprendra à connaître ses droits et ses devoirs.
Voilà la politique à suivre. C’est celle des sains et des vaillants. C'est la grande, c’est la bonne, c’est la scientifique. C’est là qu’est le salut et pas ailleurs.
La nation haïtienne est prévenue. On la menace de partout, les uns cyniquement, les autres hypocritement. On conspire, on trame, on complote contre elle, les uns au grand soleil, les autres dans l’ombre.
Ayant payé très cher son indépendance : par son sang, par son argent, par sa résignation à ne pas faiblir sous les calomnies et sous l’injure, elle doit la vouloir garder complète, absolue, entière.
Si elle veut vivre, qu’elle veille sur elle. Qu’elle veille sans trêve, nuit et jour.
Ce que nous disons ici doit demeurer incrusté dans l'âme de chaque paysan et de chaque penseur, dans le cerveau de chaque soldat et de chaque publiciste, présent à la mémoire de chaque député, de chaque ministre, de chaque sénateur.
Que le citoyen fasse son devoir afin que la nation ne livre rien au hasard. Or, c’est tout livrer au hasard, à l’inconnu, que de se désarmer ou de ne pas s’armer.
Une nation ne peut vivre autonome, ne peut grandir par elle-même que si, à toute heure, chacun de ses fils pris isolément, individuellement, en montre l'orgueilleux, le fier, l’impérieux vouloir.
10 juin 1884.